SAS / SAS Unipersonnelle
Comment fonctionne une SCI ?
La constitution d'une structure juridiquement indépendante,
généralement une Société Civile Immobilière (SCI), pour financer les
locaux et les mettre ensuite à la disposition de l'entreprise, s'avère
souvent judicieuse : La SCI constitue, en effet, une structure très
souple susceptible de s'adapter à des situations familiales et
professionnelles diverses.
Pourquoi dissocier l'immobilier de l'entreprise ?
Plusieurs raisons peuvent motiver ce choix :
Protéger son patrimoine immobilier professionnel d'éventuelles poursuites de créanciers de l'entreprise.
En
cas d'ouverture d'une procédure collective à l'encontre de la société
d'exploitation, les immeubles professionnels peuvent ainsi être
préservés.
Il convient cependant d'être prudent : la protection ne
jouera pas dans certaines situations : les tribunaux peuvent notamment
étendre la procédure collective à la SCI, s'ils estiment que cette
dernière est fictive ou qu'il y a une confusion de patrimoine entre les
deux sociétés.
Cette notion pourrait notamment être retenue s'il
était prouvé qu'il y a eu des transferts d'actifs entre les deux
sociétés sans contrepartie : loyers surévalués, enrichissement de la
SCI au détriment de la structure d'exploitation, aménagements des
locaux financés par la société d'exploitation restant acquis à la SCI
sans indemnités etc...
Préparer la transmission familiale de l'entreprise.
S'agissant
d'une entreprise familiale, la constitution d'une SCI permet
d'attribuer l'affaire à celui ou ceux des enfants de l'exploitant qui
sont les plus aptes à la gérer, et de transférer aux autres les parts
de la SCI, par le biais d'une donation-partage ou d'un testament.
Les
risques d'indivision entre les héritiers au décès du chef d'entreprise,
qui entraînent bien souvent la mise en vente de l'entreprise, sont
ainsi évités.
Faciliter la transmission de l'entreprise à des tiers.
L'actif
immobilier représente un poste très lourd dans le bilan d'une
entreprise. Pourtant les immeubles ne constituent pas en eux-mêmes des
outils de production, sauf lorsqu'ils sont spécifiques à une activité
particulière (un hôtel ou une clinique par exemple).
Par conséquent,
les acquéreurs potentiels attacheront beaucoup plus d'importance à
d'autres biens productifs pour l'évaluation de la valeur d'achat de
l'entreprise.
Une entreprise sans actif immobilier est donc plus
facilement cessible, l'acquéreur n'étant pas tenu d'acheter les
immeubles. D'autre part, ceux-ci ne risqueront pas d'être sous-évalués.
Assurer à l'exploitant, et éventuellement à des membres de sa famille, des revenus fonciers complémentaires.
Le
principe est le suivant : l'entreprise verse à la SCI un loyer, qui
doit correspondre à la valeur locative de l'immeuble. Le bénéfice de la
SCI, constitué essentiellement de ces loyers, déduction faite des
charges et notamment des intérêts d'emprunts, est réparti entre les
associés en proportion de leur part dans le capital.
Ce bénéfice
constitue pour les associés et donc pour l'exploitant, une fois les
emprunts remboursés, un revenu foncier complémentaire imposable au
titre de l'impôt sur le revenu. S'il décide de céder son entreprise, il
conservera cette source de revenus, notamment en prévision de sa
retraite.
Pourquoi une SCI ?
Comme nous l'avons vu précédemment, le recours à une SCI :
- facilite
la transmission familiale du patrimoine immobilier et professionnel.
Elle évite notamment que les héritiers se retrouvent propriétaire d'un
immeuble en indivision, situation difficile à gérer au quotidien. Si un
des héritiers souhaite céder ses parts, il n'obligera pas les autres à
vendre l'immeuble, comme c'est le cas en indivision.
- peut procurer certains avantages fiscaux.
Attention cependant, ce montage juridique suppose d'en maîtriser tous les aspects et de prendre garde à certains inconvénients.
Le recours à un professionnel est donc largement conseillé.
L'investissement
est réalisé grâce aux loyers versés par l'entreprise à la SCI. Le
recours à une SCI permet donc de se constituer un patrimoine immobilier
à moindre coût. Mais ces loyers sont généralement inférieurs aux
montants des remboursements d'emprunt et des intérêts.
Du fait de la
dégressivité des intérêts, les associés de la SCI devront au bout de
quelque temps payer des impôts fonciers de manière croissante au fil
des années (le remboursement des intérêts déductibles diminuant), alors
qu'ils ne toucheront pas les bénéfices (ceux-ci servant à rembourser
l'emprunt).
Cet "inconvénient" doit donc être prévu par les associés
en établissant un plan prévisionnel en fonction de la durée de
l'emprunt.
L'entreprise déduit les loyers et charges de son
bénéfice fiscal. Mais il va de soi que le loyer doit être "normal",
c'est à dire correspondre à la valeur locative réelle.
S'il est
excessif, l'excédent est considéré comme résultant d'un acte anormal de
gestion entraînant une réintégration dans le bénéfice imposable de
l'entreprise. Il est donc conseillé de faire évaluer la valeur locative
de l'immeuble par un expert immobilier auprès des tribunaux.
Les frais d'acquisition des immeubles par la SCI ne sont pas déductibles, à moins que la SCI opte pour l'impôt sur les sociétés.
Enfin,
la SCI exerce une activité civile, elle n'est donc pas, en principe,
assujettie à la TVA. Cependant elle peut opter pour l'application de la
TVA sur les loyers encaissés.
Cette option lui permet, non seulement
d'économiser le droit de bail, mais encore de récupérer la TVA grevant
l'immeuble, y compris celle afférente aux investissements.
En
cas de difficultés de l'entreprise et de mise en jeu de la
responsabilité du dirigeant, il est indéniable que la saisie de parts
sociales détenues par ce dernier est moins intéressante pour des
créanciers que la saisie d'un immeuble.
Comment constituer une SCI ?
Créer une SCI devient une simple formalité grâce à iStatut :
Vous générez en ligne automatiquement tous les documents obligatoires.
Tous ces documents sont implémentés avec vos propres informations personnelles (vous n'avez pas à les remplir ou à les modifier), vous imprimez, vous signez et vous expédiez le tout au greffe pour immatriculer votre SCI.
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Rédaction des statuts
Il faut au minimum deux associés
pour constituer une SCI (personnes physiques ou de personnes morales),
leur nationalité étant indifférente. En ce qui concerne les mineurs non
émancipés, leur participation ne peut se faire qu'avec l'aide de leur
représentant légal.
Le recours à un notaire
n'est obligatoire que si un apport d'immeuble ou d'un bail supérieur à
12 ans a été effectué. Il est toutefois conseillé dans le cas d'une SCI
entre époux, afin d'éviter une requalification en donation déguisée
Que faut-il mentionner dans ces statuts ?
La forme de la société (SCI de location).
Les
apports de chaque associé : ils déterminent leurs droits dans le
capital de la société (à l'exclusion des apports en industrie).
L'apport
peut être fait en numéraire (argent), en nature (immeuble ou terrain
par exemple) ou exceptionnellement en industrie (connaissances
techniques, travail...).
Lorsqu'une personne mariée sous un régime
de communauté de biens apporte des biens appartenant à la communauté,
elle doit impérativement en avertir son conjoint. Celui-ci intervient
généralement lors de la signature des statuts et reconnaît qu'il a bien
été informé de l'utilisation de biens communs pour réaliser l'apport.
Il peut être utile, à cette occasion, de lui demander qu'il renonce par
avance à revendiquer la qualité d'associé pour la moitié des parts de
son conjoint.
La valeur des apports en nature est librement discutée
entre les associés, l'intervention d'un commissaire aux apports n'étant
pas obligatoire.
La dénomination de la société : elle peut être
fantaisiste, liée au lieu de situation de l'immeuble ou à l'objet
social en général. Elle peut également comporter le nom d'un ou
plusieurs associés. Il est prudent de vérifier auprès de l'INPI que le
nom, s'il est fantaisiste, n'est pas déjà utilisé.
Son siège
social : Il est fixé librement par les statuts mais doit être réel. Il
ne correspond pas forcément au lieu de situation de l'immeuble et peut
être situé au domicile du dirigeant.
Son capital social : il est
constitué par les apports en numéraire et en nature ; aucun montant
minimal n'est fixé. Il correspond généralement à la valeur de
l'immeuble. Les associés peuvent prévoir la libération différée du
capital. En effet, dans les SCI, aucune règle n'impose de verser le
montant du capital immédiatement. Les associés peuvent fixer librement
les modalités de versement des apports en numéraire, soit dans un délai
déterminé, soit au fur et à mesure des appels de fonds de la gérance.
La libération peut correspondre aux bénéfices répartis entre les
associés.
Cette solution est très avantageuse car l'administration
fiscale accepte de prendre en considération, comme base de calcul des
plus-values, la valeur des parts au jour de la signature des statuts
sans tenir compte de l'époque des libérations.
L'objet : il doit
être purement civile, c'est à dire se limiter à l'acquisition et la
gestion d'immeubles. Il ne peut être question d'acheter des biens pour
les revendre, sous peine que la société soit taxée à l'impôt sur les
sociétés en qualité de marchand de biens. La vente d'un immeuble n'est
envisageable que si elle a un caractère exceptionnel.
La durée
de la société : la durée maximale est 99 ans à compter du jour de
l'immatriculation au Registre du Commerce et des Sociétés.
Les
modalités de fonctionnement : la SCI est dirigée par un ou plusieurs
gérants, rémunérés ou non, qui doivent rendre compte de leur gestion,
dans un rapport, chaque année à l'assemblée des associés.
Attention,
sauf disposition contraire des statuts, le gérant peut être révoqué par
simple décision des associés représentant plus de la moitié des parts
sociales. Une clause peut donc être introduite protégeant le
gérant-associé de ce genre de désaveu.
Les associés doivent
également envisager la possibilité de quitter la SCI. Le code civil
prévoit que les parts sociales ne peuvent être cédées (ventes,
donations...), hormis aux ascendants et descendants, qu'avec l'accord
de tous les associés.
L'unanimité étant très difficile à obtenir,
les statuts peuvent par exemple prévoir que toute cession de parts
sociales, même à des ascendants ou descendants, sera soumise à
l'agrément de la majorité des associés (ou des 2/3...)
De même, il
est souhaitable de fixer à l'avance l'éventualité du décès d'un
associé. La encore, les statuts peuvent compléter la loi et prévoir
l'agrément des héritiers par les associés.
Reprise des engagements pris pour le compte de la société en formation : Les
associés récapitulent toutes les dépenses ou les engagements qu'ils ont
pris au nom et pour le compte de la société en formation jusqu'à la
date de signature des statuts dans un acte annexé aux statuts. Ils
donnent également mandat à l'un ou plusieurs d'entre eux (ou au gérant
non associé) pour prendre de nouveaux engagements jusqu'à
l'immatriculation de la société. Celle-ci entraînera alors
automatiquement la reprise de ces engagements.
Enregistrement des statuts :
Les
statuts, une fois rédigés et signés par tous les associés, doivent être
enregistrés auprès du Centre des Impôts en 4 exemplaires timbrés. La
formalité de l'enregistrement est gratuite depuis le 01/01/2000.
Restent cependant dû le droit de timbre à 6 euros par page recto-verso.
Si la page n'est pas utilisée recto-verso, ce droit est réduit à la
moitié sous réserve que la page non utilisée soit annulée par la
mention "face annulée, article 905 du CGI".
Si un immeuble a été apporté en nature, l'acte doit être publié aux hypothèques.
Publication d'un avis de constitution dans un journal d'annonces légales :
Cet
avis doit comporter la dénomination de la société, sa forme (SCI), son
capital, la nature des apports, son siège social, son objet, sa durée,
les nom et adresse du ou des gérants, le Registre du commerce et des
sociétés auprès duquel la société sera immatriculée. Coût : Environ 290
euros.
Dépôt du dossier de demande d'immatriculation auprès du CFE :
Deux exemplaires enregistrés et timbrés des statuts doivent être déposés au CFE, accompagnés :
- de l'acte de désignation du ou des gérants, s'ils n'ont pas été désignés par les statuts,
- d'une fiche d'état-civil pour le ou les gérants, et d'une déclaration de non-condamnation,
- de la lettre de demande de publication dans un journal d'annonces légales, ou du journal lui-même,
- d'un justificatif du siège de la SCI (quittance EDF par exemple),
- des frais d'immatriculation.
A
partir de ce moment, la société est "en cours d'immatriculation". Elle
naîtra officiellement le jour de son immatriculation au Registre du
commerce et des sociétés.
Tags: Fonctionnement, sci
Dernière mise à jour: 2011-09-23 16:53
Auteur: iStatut
Révision: 1.2
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